Le village en hiver



Le village en hiver est un projet qui s’entend en divers mouvements à l’intérieur même de la série. Mouvement de la durée et de la fixation, mouvement du familier et de l’abandon du connu, recherche sur les limites et l’absence de frontières. Présence et retrait du sujet, il s’agit d’un travail biographique et fictionnel – autofictionnel.

Le dialogue du noir et blanc et de la couleur marque l’impossibilité de sortir du temps, quelque soit le subterfuge utilisé. S’il joue un rôle dans la différence d’appréciation – d’approche – de l’image, cela nous vient du réflexe instauré par l’habitude perceptive née d’un contexte historique. Celle-ci localise dans le temps des aboutissements techniques qui symbolisent ultérieurement les symptômes scientifiques d’une époque ; c’est ce qui fait que le noir et blanc donne l’illusion du passé, la couleur l’immédiateté de l’évènement. Cela produit peut-être, dans notre imaginaire, l’impression de bièveté de l’instant coloré opposé à l’élongation du temps monochrome. Autrement dit, la couleur se perçoit comme apparition (reflet) et le noir et blanc comme réflexion (poids).

L’association du noir et blanc et de la couleur fictionnalise l’espace, le rend double, presque décollé de lui-même. Par fiction, il faut préciser retour, ou revenir – la cage d’escalier apparaît deux fois, et différemment, non pas par un changement de cadre, mais par la nuance technique.

De la gravure... à la photographie.
Des gravures s’étalent dans une cage d’escalier. Gravures arrosées par la lumière solaire filtrée verte et rouge par les carreaux colorés. Présence marquante, donc, du noir et blanc fixe et de couleurs éphémères qui viennent envelopper les sujets gravés.